Le retour des jumeaux à la maison et la première année
Toutes les publications montrent que l'arrivée de jumeaux dans une famille provoque des difficultés économiques, sociales et psychologiques dans les mois et les années qui suivent la naissance. Elle provoque une surcharge de travail pour la mère travail domestique et soins des bébés. Par exemple Robin et al. ont observé qu'au retour de la maternité les mères de jumeaux doivent donner en moyenne 14 biberons par 24 heures. La quantité de soins à consacrer aux enfants (repas, toilette, changes, entretien du linge) est évaluée en moyenne à 12 heures quotidiennes auxquelles s'ajoutent les activités domestiques habituelles.
Cette surcharge de tâches est source de fatigue physique et «nerveuse». La plupart des mères doivent affronter une réalité qu'elles n'avaient pas anticipée, surtout si elles sont primipares.
Un des problèmes majeurs auquel la mère est confrontée au début est de répondre de façon adéquate à la demande simultanée de deux enfants. La fatigue physique et nerveuse et les tâches matérielles ne lui facilitent pas la rencontre individuelle avec chacun de ses enfants. L'ambivalence maternelle est, dans le cas d'une naissance multiple, amplifiée par le stress et la surcharge de travail, et son versant négatif est exacerbé.
Même lorsqu'elle a la possibilité de passer du temps avec l'un des jumeaux isolément, le second est présent dans son psychisme, car elle sait qu'elle devra bientôt s'en occuper et refaire les mêmes gestes avec lui. Elle est donc partagée et ne peut pas vivre la relation fusionnelle des premiers mois avec chaque enfant. Ceci peut entraîner chez elle des sentiments de frustration et de culpabilité.
Dans une étude sur 200 familles de jumeaux, Robin et Casati ont constaté qu'un quart des mères avaient un vécu dépressif au cours des premiers mois. Thorpe et al. ont observé qu'à cinq ans les mères dejumeaux avaient trois fois plus de risque que les mères de singletons de souffrir de dépression. La dépression a sans doute des origines multiples, telles que la fatigue, le stress, le renoncement à une relation dyadique idéalisée et la difficulté à trouver sa place de mère.
La souffrance psychique et la fatigue des mères pourraient également accroître le risque de maltraitance. Informations et soutien psychosocial doivent donc être prodigués aux familles.