Plus de jumeaux chez les femmes consommant du bœuf aux hormones
Les femmes qui mangent la viande et surtout les produits laitiers issus d’animaux élevés aux hormones ont 5 fois plus de chances d’avoir des jumeaux que les végétaliennes qui ne consomment aucun produit d’origine animale. C’est l’étonnante conclusion d’une étude menée par Gary Steinman, gynécologue obstétricien new-yorkais spécialiste des grossesses gémellaires.
Interdits en France, les produits issus d’animaux élevés aux hormones de croissance contiennent des quantités importantes d’une protéine appelée IGF (Insulin-like Growth Factor). Parmi ses effets, l’IGF est capable de stimuler l’ovulation et ainsi d’augmenter les chances d’avoir des jumeaux. Les femmes sont également capables d’en synthétiser de manière naturelle.
L’étude de Gary Steinman, parue dans le Journal of Reproductive Medicine, montre que les femmes végétaliennes ont un taux d’IGF sanguin 13% inférieur à celui des femmes qui consomment des produits laitiers. La comparaison de trois types de femmes ayant soit un régime normal, soit un régime végétarien (sans viande), soit un régime végétalien (sans viande ni lait) montre que les végétaliennes ont en effet 5 fois moins de chances d’avoir des jumeaux par rapport à celles qui consomment des produits laitiers.
Aux Etats-Unis comme en Europe, le recul de l’âge des mères pour faire leur premier enfant et l’augmentation du recours aux techniques de procréation assistée ont fait augmenter le nombre de jumeaux dans la population. Mais les deux facteurs ne peuvent à eux seuls expliquer la recrudescence observée aux Etats-Unis depuis 1975. La consommation de produits issus d’animaux élevés aux hormones pourrait être une troisième explication. Selon Gary Steinman « l’augmentation continue du nombre de jumeaux durant les années 1990 pourrait être la conséquence de l’introduction des hormones dans l’élevage des vaches.»
On savait que les femmes d’origine africaine ont, pour des raisons génétiques, plus de chances que les asiatiques d’avoir des jumeaux. Les premières fabriquent en effet naturellement plus d’IGF que les secondes. Avoir des jumeaux dépendrait donc autant de l’hérédité que de l’environnement.
Parce que les grossesses gémellaires conduisent à de nombreuses complications (prématurité, hypertension de la mère…), le docteur Steinman conseille aux femmes vivant dans les pays où la consommation de bœuf aux hormones est autorisée de remplacer la viande et le lait par d’autres sources de protéines.